Kole : un pasteur abat trois éléphants et se fait tuer (Democratic Republic of the Congo)
Kole : un pasteur abat trois éléphants et se fait tuer (Democratic Republic of the Congo)
Le Potentiel
April 21, 2009
Le devoir patriotique de nourrir les recrues et la chasse aux
éléphants a conduit à la mort un braconnier converti en pasteur à
Kole, dans le Kasaï Oriental.
Le district du Sankuru, tout comme le reste de la RDC, a décidé
d’envoyer ses enfants sous le drapeau.
L’objectif final est la formation d’une armée républicaine et
citoyenne. Après les opérations de recrutement et de formation
sommaire sur place, les recrues de Kole et des villages voisins
attendent d’être acheminés à Lodja. De là, ils devraient rejoindre
Kinshasa pour parfaire leur formation militaire. L’attente se faisant
longue, il fallait nourrir ces futurs soldats de la République.
Aux dernières nouvelles, la haute hiérarchie militaire a décidé
d’envoyer à Kole un colonel, avec comme mission principale de convoyer
ces recrues à Kinshasa par la voie fluviale. Sur le terrain, il a fait
un amer constat : les recrues manquaient de nourriture.
Obligé d’y faire face, il décide de recourir aux services du
braconnier Booto Onu converti en pasteur d’une église de réveil, pour
procéder à la chasse du gros gibier dans la forêt.
Comme les instructions venaient d’un haut chef militaire, en plus du
devoir patriotique, l’homme de Dieu tronqua le col pastoral contre une
arme de guerre lui donnée par le colonel. Le produit de la chasse a
été très intéressant. Booto Onu a abattu trois éléphants.
Les bêtes abattues ont été remises au colonel. Non satisfait de cette
quantité, jugée insignifiante pour nourrir convenablement les recrues,
le colonel a enjoint au pasteur-braconnier de retourner dans la forêt
et de ramener un quatrième éléphant.
Malgré les explications fournies au chef militaire, l’ordre ne donnait
pas lieu à des tergiversations, a-t-on fait comprendre à Booto Onu. Il
s’est vu obligé de retourner dans la forêt. Et c’est là que la mort
l’a surpris, alors qu’il tentait d’abattre un éléphant qui était dans
sa ligne de mire. L’infortuné Booto Onu a été arraché du sol et
maintes fois piétiné par la bête en furie. Tout ce qu’on a pu
retrouver du pasteur-braconnier, c’est la tête et les avant-bras ainsi
que les mains. Fin tragique pour un braconnier qui avait décroché,
mais obligé de reprendre du service, contre son gré, par devoir
patriotique et de par la seule volonté d’un officier supérieur de
l’armée nationale.
Une interrogation est sur toutes les lèvres à Kole : pourquoi le choix
porté sur les éléphants, alors qu’il existe d’autres espèces
animalières dont la viande pouvait nourrir les nouveaux éléments
appelés à évoluer sous le drapeau ? Une enquête serait déjà en cours.
B-M.B. & J.J.M.






